13-30 novembre 2000
Déclaration
Nous, signataires du présent appel, nous sommes préoccupés par les modèles de développement - développés dans le cadre de la mondialisation des échanges et mis en pratique par les mécanismes du commerce international et d’investissement comme l’OMC, le FMI et la BM - qui mettent en péril notre existence, notre sécurité alimentaire, nos cultures, la biodiversité et l’environnement et qui exploitent les ressources génétiques des nations les plus pauvres.
Les multinationales sont les principales bénéficiaires de la mondialisation. Les cinq plus importantes sociétés de l’agrochimie développent des stratégies et bâtissent des monopoles dans les industries des semences et de l’alimentation. À terme, cette situation favorise les ventes d’intrants chimiques non indispensables pour les cultures et de plus dangereux qui affaiblissent la production alimentaire au niveau local et augmentent, particulièrement dans les pays les plus pauvres, le « dumping » alimentaire.
L’industrialisation des méthodes agricoles et l’orientation de la production à l’exportation entraîne l’utilisation de plus en plus de pesticides dans les pratiques agricoles, ce qui entraîne l’empoisonnement des ouvriers agricoles, des consommateurs et contamine notre alimentation, polluent notre terre, l’air et l’eau.
La mise sur le marché d’organismes, de semences et de nourriture génétiquement manipulée par les multinationales représente des dangers nouveaux pour la santé, la biodiversité, l’environnement et les moyens d’existence des populations. Cette technologie dont les arguments de ventes sont fallacieux et qui sont à l’opposé de l’éthique prônée par les populations locales ne sert qu’à consolider le contrôle de ces groupes sur l’alimentation et l’agriculture. Les technologies du génie génétique et les lois permettant le dépôt de brevets interdisent aux populations de conserver les semences qui sont pourtant cruciales pour la sécurité alimentaire des communautés. La prochaine mise sur le marché d’un riz génétiquement manipulé est à cet égard un sérieux danger pour la sécurité alimentaire de la région.
La terre est la base de notre existence, de notre survie, de notre sécurité alimentaire et de notre culture. Les grands propriétaires terriens sans scrupule sont alliés aux multinationales et protégés par les gouvernements qui soutiennent la libéralisation des échanges. Ces politiques favorisent l’agriculture à l’exportation et permettent à ces intérêts de s’approprier les meilleures terres au détriment de nombreux petits agriculteurs et de leurs familles qui sont forcées d’émigrés.
Nous sommes particulièrement préoccupés par les conséquences de ces orientations politiques et économiques et notamment leurs impacts sur l’autosuffisance en matière alimentaire des populations locales, sur les systèmes de savoir des peuples indigènes, sur la conservation et la gestion des semences et de la biodiversité, sur les moyens d’existences des petits fermiers et pêcheurs. Par ailleurs, ces mêmes politiques entraînent le déplacement de communautés locales, augmentent les dettes des familles et la pauvreté particulièrement chez les femmes, ainsi que la famine et la malnutrition et accroissent le nombre des paysans sans terre et la marginalisation de méthodes agricoles viables.
Afin de s’assurer que nos revendications pour une terre et une nourriture sans poison soient entendues, nous demandons :
Nous nous engageons à mettre en commun nos efforts pour obtenir une terre et une
nourriture sans poison !