COMMUNIQUE DE PRESSE
Le 03 Novembre 2000
Les organisations non gouvernementales et les agriculteurs d’Asie s’opposent à la commercialisation du riz génétiquement modifié.
Les organisations non gouvernementales, les petits agriculteurs, les ouvriers agricoles et les sans-terre qui sont contre le génie génétique s’opposent à la commercialisation des variétés de riz transgéniques et s’insurgent contre le contrôle par les multinationales de la recherche sur le riz et des systèmes de production et de conservation des semences à travers l’Asie.
Pour des millions de personnes en Asie, le riz n’est pas seulement une source de calories, le riz est également considéré comme un héritage culturel. Pour Sarojeni Rengam Directrice Exécutive du PANAP : « Nous ne pouvons laisser les multinationales de l’agrochimie prendre le contrôle de nos systèmes de production, sans mettre notre sécurité alimentaire en danger, mais ce sont également notre culture, notre terre et notre style de vie qui deviendraient ainsi dépendant des options économiques de ces firmes. »
Afin de faciliter l’acceptation de ce produit l’industrie de la biotechnologie, par ailleurs de plus ne plus critiquée dans cette partie du monde, se propose d’offrir sa toute nouvelle variété de riz en « solidarité » avec les paysans du Sud.
En effet, les firmes multinationales utilisent comme vecteur de communication la réduction de la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie des petits paysans marginalisés pour faire accepter leur nouvelle variété de riz transgénique. Cette nouvelle variété enrichie en vitamine A, a été nommée pompeusement le « riz doré ». Ce riz sera offert gracieusement aux agriculteurs asiatiques et est présenté comme la panacée contre les problèmes de cécité qui touche des millions de personnes dans le monde et particulièrement en Asie.
C’est L’IRRI (L’Institut de Recherche International sur le Riz) qui sera chargée de transférer cette nouvelle caractéristique aux variétés de riz hybrides locales.
Pour Rafael Mariano, Président du KMP (Mouvement des Paysans de Philippines) : « La Recherche et le Développement sur les variétés de riz transgéniques comme celle qui protégerait le riz contre ces prédateurs et les maladies qui le touche entreprise par l’IRRI sont financées par la Fondation Rockefeller cette même structure qui dans les années soixante faisait la promotion du fameux « riz miracle».
Sarojeni Rengam s’oppose à l’utilisation de l’image des pauvres et nécessiteux utilisée par les multinationales dans leurs campagnes de relation publique dans le but de promouvoir une technologie dangereuse pour la santé publique et l’environnement, dépourvue d’éthique, et qui ne procure de surcroît aucun bénéfice économique pour les petits agriculteurs.
Pour Mika Iba coordinatrice du « Network for Safe and Secure
Food and the Environment » (NESSFE) basé au Japon : « En réalité le mythe du riz doré masque les véritables problèmes que sont la pauvreté et le contrôle des ressources génétiques. Il est utilisé pour accélérer la commercialisation de variétés de riz transgéniques à travers l’Asie. »
Selon un récent rapport publié par Masipag une coalition d’agriculteurs et de scientifiques qui fait la promotion de l’agriculture biologique et durable, l’industrie de la biotechnologie et ses alliés détiennent plus de 160 brevets sur le riz. La moitié étant détenu par 13 sociétés seulement.
Pour Manuel Mariano : « La très puissante industrie de la biotechnologie s’est fixée comme objectif d’investir le marché juteux de l’agriculture des pays du Sud, le riz est particulièrement visé. Ils espèrent ainsi rendre les agriculteurs dépendants de la technologie du génie génétique. »
Afin d’alerter les agriculteurs, consommateurs et producteurs des dangers du génie génétique dans l’agriculture et l ‘alimentation, de nombreuses organisations d’agriculteurs et de groupes anti-OGM de la région de l’Asie du Sud-Est se sont réunis pour former une Caravane des Peuples de l’an 2000 : « les citoyens en marchent pour une terre et une nourriture sans poison ! » du 13 au 30 novembre.
La caravane traversera l’Inde, le Bangladesh et les Philippines. La Caravane donnera la parole aux groupes qui entendent proposer des solutions alternatives aux objectifs des multinationales motivés par le seul profit.
Pour Mme. Rengam : « La Caravane des peuples informera les agriculteurs et les consommateurs des initiatives en cours qui font la promotion d’une agriculture durable respectueuse de l’environnement, qui prennent en compte les pratiques et savoir-faire traditionnels »
Contacts:
Jennifer Mourin, Coordinatrice des Campagnes et des Medias
E-mail:
Tamil Nadu Women’s Forum and SRED, c/o SRED
E-mail:
UBINIG (Policy Research for Development Alternatives), and Nayakrishi Andolon
E-mail:
KMP (Peasant Movement of the Philippines)
E-mail :
En France : Ecoropa.
E. Vernet 01 43 38 38 17